Archive | mai, 2012

Une École d’Art à l’étranger : School of Visual Art

25 Mai

Les réflexions et les démarches artistiques que j’ai mené dans mon  parcours d’étudiante en France m’ont Imagesemblé parfois chaotiques. À l’E.S.A.A.  il n y a pas de moyens, pas de place dans les ateliers, une petite bibliothèque vaguement rempli de vieux classiques, beaucoup de critiques (parfois gratuites) et pas de place pour exposer. Je crois que j’en suis sortie avec une certaine détermination artistique sans pour autant l’envie de devenir artiste.

Quand je suis arrivée à la School Visual Art pour mon programme d’échange, j’ai compris ce que les termes « démesure » ou « moyens financiers » signifient . S.V.A. est une école d’art privée (+ 50 000 dollars l’année à Manhattan, elle n’est pas la plus chère mais une des plus réputées). Par exemple si vous désirez faire de la photo, vous n’avez qu’a vous rendre dans le building  prévu rien pour cette pratique artistique. Là-bas vous y trouverez du matériel informatique hors de prix à votre disposition, des studios, les professeurs et leurs assistants. Illustration, art thérapie, audiovisuel… Cette école enseigne toutes les matières et possède toute la technologie que peut rêver d’essayer, de loin ou de près, un étudiant en art.

Lorsqu’on vient d’une école où l’on paye 200 euros son inscription à l’année, et que l’on travail à coté pour s’offrir son propre matériel, et bien on plane. On imagine tout ce qu’il serait possible de faire si… Autant vous dire que qui peut travailler avec le moins est complètement capable avec le plus.  Séduite par la démesure, j’ai vite oublié le côté hors de prix que pratique S.V.A. via les politiques américaines.

Le rapport qu’entretiennent les étudiants avec leurs professeurs est très différent de celui qui est établi en France. Mes professeurs américains étaient tous doux, gentils, ouverts et encourageants. Ils vous disent tous les jours que votre travail est fantastique et que vous allez réussir. Au début, ce manque d’exigence était troublant, je cherchais à ce que l’on critique mon travail pour que je puisse avancer, j’étais là pour apprendre et non être applaudie. Cette gratuité positive est encouragée par le fait que les professeurs sont notés par les élèves. Cependant les élèves développent une confiance en eux qui propulsent leurs travaux artistiques à un très haut niveau.  Ils ne font pas les choses à moitié, ils n’ont peur de rien.

Autant vous dire que je suis rentrée de S.V.A. et de New York avec la conviction de devenir une artiste.

A.D

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Les classements établis des Écoles d’Art

24 Mai

Il se produit parfois un fait absurde qui consiste à établir un classement des meilleures écoles d’art.  En général, et sans grande surprise, celles de Paris l’emportent haut la main.

La pertinence de ces classements est à interroger, tout comme la nature des critères pris en compte. Il est facile d’établir le parallèle entre la place de l’école, et sa condition financière. Une ville riche, déléguant beaucoup d’argent à la culture, n’aura rien à envier à une école qui n’a pas de moyens. Cette simple évidence suffit à hiérarchiser les écoles d’art en admettant que la réputation et la valeur des instructions dispensées, n’est au final qu’une question d’argent.

C’est une triste vision que les magazine d’art entretiennent sans l’ombre d’une remise en question. Le numéro de mars 2011 de Beaux Art Magazine nous a présenté un dossier-spécial intitulé « Les 10 meilleures Écoles d’Art » . Grosso modo une belle publicité pour Paris .

Cela veut-il dire au final qu’un diplôme délivré par la capitale est supérieur à celui d’une pauvre école de province ? C’est regrettable pour les futurs élèves artistes qui n’ont pas la chance d’être ou de devenir Parisiens.

S’il faut réellement se lancer dans un classement, pourquoi ne pas étudier la qualité professionnelle des anciens élèves. Pourquoi ne pas prendre en compte la politique culturelle et artistique défendue par l’école ? Ces critères semblent plus pertinents, et ne mènent pas au triste bilan de s’imaginer qu’à défaut d’avoir les moyens de vivre à Paris, on se contente d’une école bas de gamme.

Autant vous dire que je n’ai pas fait d’études d’art dans aucune des écoles citées dans ce brillant dossier de Beaux Art Magazine, cependant je n’ai envié aucune autre pour leur renommée.

A.D.

Le fantasme sur les Écoles d’Art

23 Mai

Il  subsiste une vision parfois erronée des écoles d’art, et pénible pour les élèves qui y sont. L’absence d’un conformisme universitaire (qui est remis en question aujourd’hui) laisse place à des idées préconçues et surannées.

Au cours de notre scolarité, il est arrivé de nombreuses fois qu’on nous demande si nous pratiquions la peinture de chevalet en s’inspirant de coupes de fruits, si nous regardions avec désir ou jalousie les modèles d’études de nus ou si  le dessin sur lequel nous travaillions était un devoir à rendre.

Certains ont du mal à concevoir que l’art puisse être l’objet d’études en trois ou cinq ans. D’autres nous imaginent en train de gribouiller sans la moindre approche théorique, désœuvrés et à la recherche de gloire, de sexe et substances illicites. On nous imagine incapable de suivre un cursus universitaire, et on pense que nous avons choisi cette voie plus manuelle par défaut.

La méconnaissance de cette filière est apparente lorsqu’il s’agit de s’insérer dans le monde du travail. Les spécialistes du monde de l‘art connaissent la valeur de notre formation, cependant ils ne représentent  qu’ une minorité  dans le milieu de l’art, la culture et la création. D’ailleurs, il n’est pas inhabituel qu’un galeriste préfère choisir un candidat ayant fait des études universitaires ou de commerce pour l’aider dans son activité.

Le DNSEP est le Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique qu’obtiennent les élèves au terme d’un cursus de cinq ans.  Bien souvent lors de nos entretiens d’embauche, nous devons d’expliquer au recruteur de quoi il s’agit. Il n’attribue une valeur à notre parcours qu’à partir du moment où il réalise que c’est l’équivalent d’un master.

Constat : Il y a un manque évident de communication  autour des ces études supérieures.

Cette lacune est-elle alimentée par cette habitude que nous avons d’entretenir  des mythes parfois injustifiés et loins de la réalité ? Science Po et l’ENA ont été hissé sur un piédestal, parce que la majorité s’entend sur l’importance de questions telles la politique ou l’économie, sans s’intéresser aux « trivialités » de l’art. Il y a des études qui jouissent d’une réputation établie sur des critères de longue date, et qui seraient parfois à revoir…

 S.B & A.D