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Portrait d’artiste- Annia Diviani

16 Juil

                                                                                                                                                 Cut expression -Annia Diviani

Ma définition de  l’art :

L’art est un véhicule, entre les idées ou les émotions. Il se traduit par une expression inscrite dans un contexte. Je le décrirais comme une sorte de température sensible et ambiante que l’artiste essaie de figer. Faire de l’art, c’est générer un rapport au monde, sans le souci du beau ni la finalité de vendre.

                                                                          Ma  situation :

J’espère qu’il  viendra un jour où j’assumerai  de me présenter comme une artiste avec une pratique de commissaire d’exposition. En attendant, je ressens le besoin de créer à l’ombre mais j’ai quelques projets d’expositions. Le temps est un outil précieux et j’aime en abuser.

 Ma démarche artistique :

 Il m’est difficile  de présenter une démarche artistique , mes processus de créations sont multiples : j’ai plusieurs univers. Il me semble que je suis toujours à la recherche d’une ambiguïté, d’une double lecture, d’un jeu entre le montré et le caché. Parfois j’affectionne la couleur et d’autres instants je ne recherche que l’ombre ou la lumière. Je ne cherche pas à créer des objets solides, je me situe dans un art à éprouver, un art éphémère ( cf cut expression) . Mes médiums sont fragiles ou bruts et je tiens à conserver leurs radicalités, leurs contrastes.

Est ce que l’un de mes travaux aborde des questions liées à la femme ?

Je n’aime pas parler de moi dans mon travail mais de ce que j’éprouve en tant que personne, inscrite dans un contexte politique, culturel et économique. Je suis une femme et à partir de là, je parle de la femme du même fait que si j’avais été un homme, j’aurais tenu des réflexions sur ma qualité d’homme. Aussi mes  images de Pin-up revisitées trente ans après s’articulent en ce sens. De plus en plus je prends conscience de mon envie de m’engager, elle apparaît naturellement dans mon travail.

  Mamies Kikies – sérigraphie – Annia Diviani

De toutes mes réalisations, laquelle me tient le plus à cœur ?

Je crois que le travail qui me tiens le plus à cœur est celui sur lequel je travaille  en ce moment et que je tiens à réaliser en Afrique. Actuellement il s’agit juste de dessins et de notes mais je vois en lui une expression plus intime et j’espère qu’il suscitera une émotion plus forte …

La chaussure  pour Artmazone.

http://anndivian.wix.com/annia-diviani

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Portrait d’artiste – Séverine Bourgeois

24 Juin

Séverine Bourgeois

Née en 1988, vit et travaille à Avignon

Handhead-Sylvie, 2012 – Photomontage numérique, 30 x 45 cm

Ma définition de l’art

Une œuvre atteint le but ultime au sein du bouleversement, dans le sens où quelque chose se déplace. Elle doit engendrer des émotions et réactions qui peuvent être très variées : étonnement, fascination, colère, dégoût, malaise, frustration, apaisement, etc. Quelque chose doit capter le regard, l’emprisonner, le prendre en otage, le malmener pour amener le spectateur à ressentir.

Bien évidemment, chaque personne sera touchée par certaines œuvres, beaucoup moins par d’autres… Il est aussi question d’affinités.

L’art se crée au cœur du regard, et il est vraiment important de parvenir à atteindre tout type d’individus. Chacun possède sa propre lecture de l’art, un regard personnel, et une idée différente de ce qu’est une œuvre d’art. Cette dernière doit, à mon avis, posséder plusieurs strates pour prétendre à une réelle richesse, dans le sens où il est possible de l’expérimenter sur plusieurs niveaux : expérience physique, émotions, idées, réflexions…

Pierre, feuille, ciseaux – 2011 / Mine de plomb sur papier, 30 x 45 cm

Ma démarche artistique

Je joue avec le corps, avec la perception.

Plus précisément, j’essaie d’explorer le territoire de la perception de notre corps.

Mon champ d’investigations et d’expérimentations s’articule autour de la différence. Quelle sont les caractéristiques, les schémas qui la définissent ? Pourquoi crée-t-elle des barrières imaginaires ? En quoi effraie-t-elle ?

À travers chacun de mes travaux apparaît toujours le même paradoxe : celui de l’ajout qui soustrait.

Je crée des extensions du corps, des compléments, qui ôtent quelque chose : la liberté de mouvement, les repères usuels des proportions humaines. J’invente des hybrides, modifie les échelles et les rapports, tout en jouant toujours sur une double lecture de l’image, de l’objet.

Le retour au corps sans recours au corps.

Le corps peut parfois être absent physiquement, pourtant il se ressent dans la forme et dans le choix des matériaux qui renvoient directement à lui.

Un lien certain existe avec l’univers médical, dont je me sens particulièrement et spécifiquement proche. Je ressens le besoin de contraindre le corps, de l’emprisonner dans un carcan. J’accomplis une sorte de thérapie personnelle en malmenant le corps au travers d’outils, de matériaux liés aux techniques de la chirurgie, de la contention physique. Un moyen de rendre explicite les dégradations qui sont habituellement hors de portée du regard.

La notion du regard est omniprésente. Ou plutôt : comment apparaît ce qui est offert à la vue ? Voir se vit, s’expérimente pour tenter d’en percevoir tous les mécanismes et tous les réflexes. Et c’est au cœur de la vision que réside la première différence.

Joute de déambulateurs, 2011 – Déambulateurs et tiges de béquille, dimensions variables

Est ce que l’un de mes travaux aborde des questions liées à la femme ?

Mon travail n’a aucun lien direct avec le fait que je sois une femme, et j’aime à penser qu’il serait le même si j’appartenais au sexe opposé. Je ne crée en tant que femme, avec un point de vue et des idées propres aux femmes, mais plutôt en tant qu’individu.

Les thèmes que j’aborde ne sont pas liés, de près ou de loin, à la condition féminine et à tout ce qui s’en approche, mais sont intrinsèquement connectés à l’humain en général.

Même dans les techniques employées, les objets et images créés, je ne suis pas sûr que le fait d’être une femme soit palpable. En tout cas, ce n’est pas quelque chose que je cherche à provoquer.

Organes (papier-peint), 2011 – Encre sur papier, 50 x 200 cm

De toutes mes réalisations, laquelle me tient le plus à cœur ?

Je serais tentée de répondre : celui que je n’ai pas encore achevé ! Mais ce ne serait que partiellement vrai. S’il fallait n’en choisir qu’un, ce serait sûrement la série des Harnais/Étuis. Je crois être parvenue à y cristalliser plusieurs thématiques importantes et déterminantes de mon travail. De plus, il y a certaines réalisations qu’on s’imagine pouvoir décliner à l’infini, et celle-ci en fait partie.

Cardiaque, 2011 – Simili-cuir, dimensions variables

Image représentant une chaussure

www.severinebourgeois.com

http://severinebourgeois.wordpress.com